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Édition du 20 octobre 2026

Organiser une randonnée d’une journée et son pique-nique

Lire un balisage, estimer une durée à partir du dénivelé, remplir un sac de vingt litres : une sortie réussie se décide la veille, devant la carte.

Une sortie d’une journée se joue la veille au soir, devant une carte et un bulletin météo, pas le matin en bouclant le sac. Les deux erreurs les plus courantes sont d’estimer une randonnée à sa distance plutôt qu’à son dénivelé, et de partir trop tard en octobre, quand la nuit tombe deux heures plus tôt qu’en juillet.

Lire le balisage

Les sentiers balisés en France suivent un code de couleurs tenu par les comités de randonnée. Deux traits horizontaux superposés marquent un itinéraire, et leur couleur indique son type.

  • Blanc et rouge : un sentier de grande randonnée, les GR, conçus pour plusieurs jours de marche d’un bout à l’autre du pays.
  • Jaune et rouge : un GR de Pays, boucle régionale de quelques jours.
  • Jaune seul : une promenade ou randonnée locale, le plus souvent une boucle de quelques heures. C’est la catégorie de la sortie à la journée.

Deux signes valent d’être connus par cœur. Une marque en forme d’angle droit annonce un changement de direction au prochain embranchement. Une croix signifie que vous n’êtes pas sur le bon chemin : il faut revenir à la dernière marque correcte. Dans certains massifs, le balisage local se superpose à celui des GR, et la peinture peut manquer sur un tronçon en travaux. Une carte au 1:25 000, en papier ou préchargée hors ligne, reste la seule chose qui fonctionne sans réseau.

Estimer la durée

Un marcheur moyen avance à quatre kilomètres par heure sur du plat, et grimpe trois cents mètres de dénivelé positif par heure. Additionnez les deux durées : un parcours de douze kilomètres avec six cents mètres de montée représente trois heures plus deux heures, soit cinq heures de marche effective. Ajoutez le pique-nique, les pauses et les photos, et vous obtenez une journée de sept heures. Comptez un peu plus si la descente est raide, qui fatigue autant qu’elle va vite, ou si le groupe compte des enfants.

Vérifiez ensuite l’heure du coucher du soleil, qui recule très rapidement en automne, et partez avec deux heures de marge. En montagne, la météo change par versant et par altitude : consultez le bulletin montagne de Météo-France pour le massif concerné, pas celui de la ville de départ.

Le dénivelé décide de la journée, pas les kilomètres. Six cents mètres de montée sur quatre kilomètres sont plus durs que quinze kilomètres de plat.

Un sac de vingt litres bien rempli

De l’eau d’abord : un litre et demi par personne, deux litres s’il fait chaud ou si le parcours n’offre aucun point de ravitaillement. Ensuite une veste coupe-vent imperméable, une polaire légère même par beau temps, un chapeau, de la crème solaire en altitude, une petite trousse avec pansements et bande adhésive pour les ampoules, une lampe frontale, un couteau, un sac pour redescendre ses déchets, et la carte. Des chaussures montantes déjà portées plusieurs fois valent mieux que des neuves, quelle que soit leur qualité.

Prévenez quelqu’un de votre itinéraire et de votre heure de retour prévue. Le 112 fonctionne depuis tous les téléphones en Europe, y compris sans carte SIM active, ce qui en fait le numéro à retenir en secours.

Un pique-nique qui supporte quatre heures de sac

Tout ce qui est mou, humide ou fragile arrive en bouillie. Choisissez du pain bien cuit à croûte épaisse plutôt qu’une baguette fine, et une pâte pressée, tomme, comté, cantal, qui ne craint ni la chaleur ni les secousses. Des œufs durs, cuits dix minutes, se transportent très bien dans leur coquille. Un fruit ferme, une pomme plutôt qu’une pêche. Des fruits secs et des amandes pour la relance de l’après-midi.

À éviter : tout ce qui contient de la mayonnaise ou de la crème, les salades composées qui rendent de l’eau, et les sandwichs préparés la veille, dont le pain devient spongieux. Une boîte rigide protège mieux qu’un film alimentaire, et pèse à peine plus. Enveloppez le fromage dans un papier, pas dans du plastique, il arrivera mangeable.

Dernier point, celui qu’on oublie : tout ce que vous montez redescend avec vous, épluchures et trognons compris. Une peau d’orange met des mois à disparaître en altitude, et un sentier fréquenté le week-end s’en souvient longtemps.

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